recluse par choix, si je les traverse, les rêves où tout existe survivront-ils, les saisons pourront-elles advenir dans la nuit noire ?
est ce que le ciel tout entier s'est épanché où l'orée de ses larmes ? et le pré verdoyant s'éloigne sous le doux de ces doigts, où la pression des bras l'étouffe, ce n'est rien qu'un rien de chagrin. N'était-elle pas désolée pour les pivoines fanées sur la bordure, irritée d’elle-même d'avoir arraché somnambule les pétales un à un, de n'avoir eu la force de les observer baignées au loin dans le silence. ce n'est rien qu'un rien de chagrin. la colère à nouveau faisait tonner l'orage, essorait tout au fond ce corps de gamine naïve et insouciante. pourquoi se donnaient-ils le droit ? leur honte à eux se collait sur les parois de son estomac à elle, elle déglutissait autant que faire se peut, mais ça n'y changeait rien. elle l'avait regardé jeter le mégot par terre mollement, assise là sur le muret qui surplombait la vallée, se demandant si tout prendrait feu sous ses yeux endoloris de gouttes de pluie, il avait pris sa main, comme si lui aussi souhaitait qu'il y ait brasier, pour qu'il y ait spectacle plus impressionnant que la banalité de l'indifférence des hommes face aux femmes dont ils ne s’éprennent que pour le corps ou le joli et de la bêtise des femmes qui jouent la partie avec des dés pipés dont elle sortiront chaque fois perdantes, lasses et blessées. elle récitait en silence leurs bagatelles comme si c'était des prières, leurs bagatelles c’était l’histoire, il n’y avait rien d’autre, aucun secret, aucun lieu reclus du monde et la récitation avait le pouvoir de changer le terrain, de rendre les vallées montagne et les fleuves océan, que l'orage ne soit que pétrichor et la pluie vif soleil incandescent.
Elle aurait aimé que la main dans la sienne n'invite pas de repos, mais que la honte se glisse dans le moite pour qu’il la frôle au moins. il jetait à nouveau un mégot au pieds des marguerites et des lys au coeur irisée de rouge qui la fixait tristement comme pour pardonner les marguerites idiotes et puériles, il aurait préféré la voir brûler vive dans ce brasier qu’il chatouillait du bout des pieds que de poser de la douceur derrière quelques mots gauches. Elle toisa la vallée une dernière fois, pour emmêler dans ses frasques un éternel instant puis elle ouvrit les yeux dans le gris de la ville et de ses bâtiments, le chapeau détrempé parce qu’elle était restée trop longtemps sous la pluie diluvienne, comme pour se laver d’un quelque chose qui avait eu le pouvoir se tarir assez longtemps dans ses veines pour l’oublier entièrement, ce goût d’automne au creux du printemps qui n’est jamais âpre, celui qui glisse le glacier dans le platane, le brise en deux sans violence, ne retient que le mouvement des éphélides juvéniles. Elle a honte un petit peu de tous les regards qui l'inonde, des mots qui trop souvent l'érige en reine, elle qui cherche l’automne paisible dans le regard, tumultueux dans le geste. Elle pense à la vallée des glycines où les corps s’entrechoquaient dans un mouvement violent où son enveloppe ne lui appartenait plus, elle prenait les coups avec envie et délectation en s'observant d’en haut, elle était objet de désir au dessus de tous les autres, elle le savait, qu'il n’y aurait jamais rien après elle et ce sentiment l'inonde comme des glycines qui frôlent le corps inerte et absorbé.
Les glycines meurent toujours trop tôt et les pétales flétris fracturent sa colonne en long la séparant en deux hémisphères contraires et déshérités, ils étaient pourtant jumeaux mais sans généalogie, sans patrie, sans histoire. c’était ce qui les rendaient si libres et indolents peu importe qu’il y ait eu coup, injure, rire ou mansuétude. et le soleil brûlant l'éblouissait, faisait plisser son nez un petit peu, elle ne se lassait jamais de sentir ses rayons et sa peau brunir, elle en avait peur aussi, des regards, de son corps dénudé dans les pas où l’asphalte et la vallée se confondent et s’oublient. Elle s’attardait encore sur le muret qui surplombait la ville vallée, les arbres poussaient au milieu des immeubles par delà le fleuve, l’urbanisme perdait ce combat à chaque fois, à cause de l’eau qui entourait tout et abreuvait le monde de sensibilités choisies.
est ce que le ciel tout entier s'est épanché où l'orée de ses larmes ? et le pré verdoyant s'éloigne sous le doux de ces doigts, où la pression des bras l'étouffe, ce n'est rien qu'un rien de chagrin. N'était-elle pas désolée pour les pivoines fanées sur la bordure, irritée d’elle-même d'avoir arraché somnambule les pétales un à un, de n'avoir eu la force de les observer baignées au loin dans le silence. ce n'est rien qu'un rien de chagrin. la colère à nouveau faisait tonner l'orage, essorait tout au fond ce corps de gamine naïve et insouciante. pourquoi se donnaient-ils le droit ? leur honte à eux se collait sur les parois de son estomac à elle, elle déglutissait autant que faire se peut, mais ça n'y changeait rien. elle l'avait regardé jeter le mégot par terre mollement, assise là sur le muret qui surplombait la vallée, se demandant si tout prendrait feu sous ses yeux endoloris de gouttes de pluie, il avait pris sa main, comme si lui aussi souhaitait qu'il y ait brasier, pour qu'il y ait spectacle plus impressionnant que la banalité de l'indifférence des hommes face aux femmes dont ils ne s’éprennent que pour le corps ou le joli et de la bêtise des femmes qui jouent la partie avec des dés pipés dont elle sortiront chaque fois perdantes, lasses et blessées. elle récitait en silence leurs bagatelles comme si c'était des prières, leurs bagatelles c’était l’histoire, il n’y avait rien d’autre, aucun secret, aucun lieu reclus du monde et la récitation avait le pouvoir de changer le terrain, de rendre les vallées montagne et les fleuves océan, que l'orage ne soit que pétrichor et la pluie vif soleil incandescent.
Elle aurait aimé que la main dans la sienne n'invite pas de repos, mais que la honte se glisse dans le moite pour qu’il la frôle au moins. il jetait à nouveau un mégot au pieds des marguerites et des lys au coeur irisée de rouge qui la fixait tristement comme pour pardonner les marguerites idiotes et puériles, il aurait préféré la voir brûler vive dans ce brasier qu’il chatouillait du bout des pieds que de poser de la douceur derrière quelques mots gauches. Elle toisa la vallée une dernière fois, pour emmêler dans ses frasques un éternel instant puis elle ouvrit les yeux dans le gris de la ville et de ses bâtiments, le chapeau détrempé parce qu’elle était restée trop longtemps sous la pluie diluvienne, comme pour se laver d’un quelque chose qui avait eu le pouvoir se tarir assez longtemps dans ses veines pour l’oublier entièrement, ce goût d’automne au creux du printemps qui n’est jamais âpre, celui qui glisse le glacier dans le platane, le brise en deux sans violence, ne retient que le mouvement des éphélides juvéniles. Elle a honte un petit peu de tous les regards qui l'inonde, des mots qui trop souvent l'érige en reine, elle qui cherche l’automne paisible dans le regard, tumultueux dans le geste. Elle pense à la vallée des glycines où les corps s’entrechoquaient dans un mouvement violent où son enveloppe ne lui appartenait plus, elle prenait les coups avec envie et délectation en s'observant d’en haut, elle était objet de désir au dessus de tous les autres, elle le savait, qu'il n’y aurait jamais rien après elle et ce sentiment l'inonde comme des glycines qui frôlent le corps inerte et absorbé.
Les glycines meurent toujours trop tôt et les pétales flétris fracturent sa colonne en long la séparant en deux hémisphères contraires et déshérités, ils étaient pourtant jumeaux mais sans généalogie, sans patrie, sans histoire. c’était ce qui les rendaient si libres et indolents peu importe qu’il y ait eu coup, injure, rire ou mansuétude. et le soleil brûlant l'éblouissait, faisait plisser son nez un petit peu, elle ne se lassait jamais de sentir ses rayons et sa peau brunir, elle en avait peur aussi, des regards, de son corps dénudé dans les pas où l’asphalte et la vallée se confondent et s’oublient. Elle s’attardait encore sur le muret qui surplombait la ville vallée, les arbres poussaient au milieu des immeubles par delà le fleuve, l’urbanisme perdait ce combat à chaque fois, à cause de l’eau qui entourait tout et abreuvait le monde de sensibilités choisies.